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01.08.2017 - thecamp

thecamp : Jean-Paul Bailly, nommé président par intérim

Le comité de pilotage, qui s’est tenu le 28 juillet et auquel ont participé l’équipe de direction, les partenaires, investisseurs et actionnaires, confirme leur engagement pour faire aboutir le projet qui doit être inauguré fin septembre. Jean-Paul Bailly a été nommé pour gérer la transition.

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Peu de temps après avoir accusé le choc de la disparition accidentelle du fondateur de thecamp Frédéric Chevalier le 21 juillet, l’équipe de direction en place – les vice-présidents Lionel Minassian et François Creton, les co-directeurs généraux Guillaume Fichefeux et Denis Parisot, et Walter Baets, Dean - avait fait savoir « en concertation avec la famille et les actionnaires de thecamp leur pleine capacité juridique, financière et opérationnelle pour mener à bien la poursuite de l’aventure ».

Le comité de pilotage, qui s’est tenu ce vendredi 28 juillet et auquel ont participé l’équipe de direction, les partenaires fondateurs, les investisseurs et les actionnaires du projet*, vient confirmer leur « total engagement » pour faire aboutir thecamp, qui devait être inauguré le 28 septembre (une date confirmée).

Pour rappel, thecamp est un projet né de l’expérience et de la vision de Frédéric Chevalier dans lequel il a investi personnellement 12 M€ et qu’il a voulu implanter sur le territoire d’Aix en Provence. Transdisciplinaire, « tiers-lieu alternatif », il se veut un endroit de réflexion, de formation et de partage des savoirs, unissant privé et public, grands groupes, startups, PME, ETI, collectivités, institutions publiques, associations, ONG..., pour penser « toutes les formes de ruptures qui sont de nature à changer le monde » dans un « sens plus humain et durable », selon les propos de Frédéric Chevalier, qui estimait que pour faire face à la transformation et accélération du monde et à la déferlante des technologies numériques, il fallait créer un outil radicalement différent (cf. Frédéric Chevalier, à l'impossible il ne s'est jamais tenu)

 

Jean-Paul Bailly, président de transition

À l’occasion de cette réunion tenue à titre exceptionnel, Jean-Paul Bailly, actuel président du comité d’orientation de ce campus, a été nommé pour assurer la présidence par intérim et gérer la transition. Ce choix sera acté lors d’une assemblée générale extraordinaire. A également été officialisée à cette occasion l'arrivée de trois nouveaux partenaires au sein du comité de pilotage : Air France, la Maif et le groupe Mgen-Istya-Harmonie.

Il a été en outre précisé que le chantier s’achèverait bien fin août. Les premiers « campers » (startups, collectifs d’innovation dont KissKissBankBank, OuiShare, Cog’Innov, MakeSense, Collectif BAM, C-design it!, Europe Tomorrow, Seconde nature, Wild is the game...) pourront alors investir les lieux dès septembre-octobre.

 

Un homme d'expérience avec le sens du collectif

« Tout le monde va apporter sa pièce pour que l’orchestre continue à jouer sans son chef car c’est à la fois un très beau projet auquel on croit mais aussi parce que c’est son héritage, sa mémoire. Il y a un socle très solide de compétences et d’engagement pour faire aboutir le projet », nous signifiait Jean-Paul Bailly quelques jours après le décès de Frédéric Chevalier.

Polytechnicien, diplômé d'un master en sciences du Massachusetts institute of technology (le très coté MIT), PDG atypique d’entreprises (exclusivement) publiques, auteur de nombreux ouvrages écrits sur la nécessaire transformation de l’entreprise (dont Réconcilier société et entreprises ; Réformez ! Par le dialogue et la confiance, préfacé par Emmanuel Macron ; Demain est déjà là : prospective, débat, décision publique en 2016, qui a introduit la notion de « prospective du présent »), Jean-Paul Bailly possède un CV dense.

« Retraité » du groupe La Poste depuis 2013, qu’il a dirigé de septembre 2002 à septembre 2013, ce fils de chef d'entreprise de 71 ans, originaire du Nord, a été nommé pour la première fois par Jacques Chirac, puis renouvelé deux fois en 2005 et en 2010-2011 par Nicolas Sarkozy.

Il y a vécu les soubresauts consécutifs à l’émergence du digital avec le déclin du courrier traditionnel, mais aussi l'ouverture à la concurrence du marché postal (2011). Il est à l’origine de certaines diversifications (dont la Banque postale). Il pilotera surtout dès 2008 la transformation du statut de l'entreprise, alors établissement public à caractère industriel et commercial (Epic), en société anonyme à capitaux publics, détenue par l'État et la Caisse des dépôts. Un moment « chaud » dans la mesure où les syndicats pouvaient redoutaient que le changement de statut n'entraîne la privatisation.

 

Une vision partagée avec Frédéric Chevalier

Auparavant, au sein de la RATP, où il a débuté dans les années 70 en tant qu’ingénieur d’exploitation avant d’y exercer des responsabilités à l’exploitation, à la direction du personnel avant de devenir directeur général adjoint (de 1990 à 1994 auprès de Christian Blanc puis de Francis Lorentz), puis PDG, il est à l’origine de la fameuse « alarme sociale » visant à favoriser le dialogue avec les organisations syndicales et réduire les conflits sociaux dans l’entreprise. Ce qui lui vaut une réputation « d’homme de dialogue », de « concertation », de « cohésion sociale » avec le « sens du collectif ». C’est sans doute pour ces qualités que le PDG d'Air France-KLM, Jean-Marc Janaillac, lui avait demandé « son regard » l’an dernier sur l’état social de la compagnie dans le cadre du projet stratégique « Trust together ».

Aujourd’hui, il est encore administrateur de quelques « fleurons » comme Engie ou Accor, mais aussi actif au sein de l'association IMS-Entreprendre pour la Cité (qui agit dans les quartiers difficiles contre toutes les inégalités).

Jean-Paul Bailly avait rejoint le comité d’orientation de thecamp parce qu’il « partage la vision transversale de Frédéric Chevalier », notamment sur la « radicalité des changements » qui sont en cours, que ce soit dans la façon de travailler ou le sens du travail, et dont il estime qu’il faut comprendre le mouvement, via notamment un « travail de prospective », pour mener à bien le changement.

« Frédéric avait coutume de dire que cette aventure dépasse les hommes qui la font. Les actionnaires, la famille et thecamp m’ont demandé d’assurer la fonction de président de transition ; je le ferai avec enthousiasme. Je suis plus que jamais convaincu que thecamp est une nécessité pour appréhender les transformations en cours », indique-t-il dans le communiqué. Il est également convaincu que l’équipe « est tout à fait en ligne avec les valeurs portées par Frédéric - responsabilité, humanisme, bienveillance. L’organisation en place est à même de répondre aux exigences de la situation actuelle ».

 

Adeline Descamps

©DR

* Partenaires fondateurs : Accenture, AccorHotels, Cisco, CMA CGM, Vinci (Construction et Energies), SNCF gares&connexion, La Poste, RATP, Steelcase, Sodexo, CA Alpes-Provence, CA groupe, CCI Marseille Provence, Caisse des Depôts, Région Provence-Alpes-Côte d'Azur, Métropole Aix-Marseille Provence , Département des Bouches-du-Rhône.