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26.07.2017 - thecamp

Frédéric Chevalier : À l’impossible, il ne s’est jamais tenu

Mais qui était vraiment Frédéric Chevalier ? Horizontal pour gérer ses projets, multilatéral pour honorer ses divers mandats, vertical pour dynamiter les codes classiques. Déconstruire pour mieux construire. Intensité. Densité. Puissance. Amis, collègues, associés, investisseurs … ils témoignent.

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Ils parlent de lui au présent de l’indicatif. Comme pour sanctuariser un passé qu’ils ont composé ensemble et ne pas hypothéquer un futur qu’ils refusent d’exprimer au conditionnel. La concordance des temps, Frédéric Chevalier n’a cessé de la domestiquer pour l’asservir à son rythme séquençant avec fulgurance le moindre de ses engagements, que ce soit dans ses différentes entreprises qu’en faveur d’un territoire qu’il ne pouvait concevoir que métropolitain en dépit de son ancrage aixois.

Voilà plus de deux décennies qu’il ensemence le territoire : membre fondateur de HighCo, Booster Invest, de Mécènes du Sud, un des tout premiers promoteurs et contributeurs de Marseille Capitale Européenne de la Culture, administrateur du conseil d’administration d’une école de management qui s’appelait alors encore Euromed, membre associé de la CCI Marseille Provence, président du Club Top 20, qui visait à propulser le territoire dans les cimes des premières métropoles européennes et dont il accueillait encore il y a 2 semaines l’assemblée générale sur le site de son projet phare : TheCamp, ce projet solaire qui est parvenu à aimanter bien au-delà des montagnes de la Sainte-Victoire.

Qu’ils l’aient côtoyé en tant qu’associé, investisseur, ami, voisin, collègue, entrepreneurs, ils ont tous espéré avec lui. Ils refusent de désespérer sans lui. Et ils mettent même un point d’honneur à donner corps, au-delà même de sa promesse, à cette œuvre pour laquelle un jour il a dit à Richard Caillat, son associé et ami dans l’aventure HighCo depuis 25 ans : « je quitte la présidence du conseil de surveillance pour me consacrer pleinement à mon projet ».

Son projet. « Sans doute le vrai projet de sa vie », pour ne pas dire la « grande oeuvre » de sa vie, ponctue Jean-Paul Bailly, l'ancien PDG de La Poste et de la RATP qui a rejoint l’aventure en tant que président du comité d'orientation.

 

Une personnalité hors des radars de la pensée classique

Mais qui était cet homme à la bande passante aussi large pour embrasser tant d’engagements sur lesquels il a braqué la lampe torche avec le même sens du détail. Certes, le choc, la tristesse, la douleur, la sidération …exacerbent la liste de ses qualités mais la redondance doit traduire une part de vérité.

« Un mental hybride, la passion de l’innovation comme dogme » (Richard Caillat). Une « grammaire lexicale créative » où se pressent les idées et une « élégance professionnelle rare » (François Pierson). « Un homme sans limites qui vous apprend à ne jamais rien lâcher et à oser » (Corinne Vezzoni). Le « très bel exemple d’un homme qui a compris que l’on se nourrit de sa relation avec les autres » (Pascal Lorne). Une « combinaison rare de vision et de valeurs » (Jean-Paul Bailly). « Une intelligence inventive et habile et un type en permanence dans l’excellence » (Laurent Carenzo). Et d’autres, anonymes et moins proches qui l’ont un jour croisé, de mentionner une « forte conviction », la « rupture et transgression », « la capacité de transformation exceptionnelle ».

Le sens de l'essentiel, amorce l'architecte marseillaise qui a conçu la théâtralité de thecamp à ses côtés. « Il parlait de minimalité, cela me faisait rire car moi, j’appelle cela le minimalisme, mais il avait cette quête de l’essentiel et aimait le dépouillement. Il m’avait raconté qu’il s’était délesté de quelques propriétés. Il estimait que l’on peut vivre avec un minimum de choses en réalité et que l’on est toujours à se rajouter des éléments qui viennent encombrer l’espace et nos vies », retrace Corinne Vezzoni, qui n’a cessé d’être fasciné par son sens de l’esthétique jusqu’au choix de ses mots.

On ne lui connaissait pas vraiment de doutes. Ou du moins, les a-t-il chassés en saisissant sa corde de rappel – « penser à tous ceux qui lui ont fait confiance dont il se sentait comptable et redevable », dixit Richard Caillat -, et son instinct a sans doute été aussi un gouvernail tout au long de sa carrière.

 

La construction d’une vision

 

« Fred est un champion de planche à voile, de karting, skieur … Il a un mental hybride, sans limites. Et cela fait partie des bonheurs de travailler avec lui : là où 90 % des gens diraient : 'halte-là, cela va être difficile', lui disait : 'ah bon mais pourquoi ?' Du coup, tout est réalisable. Il n’a jamais pensé qu’il ne pouvait y arriver. J’étais spectateur et supporteur ». 

Richard Caillat, dont on connaît les silences et la pudeur, est sans doute l’un de ceux qui connaît le mieux Frédéric Chevalier pour avoir cheminé à ses côtés pendant 25 ans et faire ensemble d’HighCo, acteur historique du coupon web, l’une des entreprises les plus en pointe sur la dématérialisation des solutions digitales marketing. Et il n’y aurait sans doute pas eu thecamp sans l’expérience initiatique d’HighCo.

« On avait 25 ans il y a plus de 25 ans. J’étais à Paris et je travaillais pour une chaine de TV. Lui venait de RMC. Notre rencontre a duré une heure. Je suis rentré à Paris, j’ai démissionné, et 15 jours plus tard je l’ai rejoint. Ce fut une rencontre exceptionnelle comme il en existe peu dans la vie. On considérait tous les deux que les annonceurs étaient un peu maltraités et abusés par les grands médias. Puis, cela est allé très vite. En 1994, on fait appel au capital-risque à une époque où c’était extrêmement rare. Puis un jour, il me dit : ‘on va entrer en bourse’. À l’époque, la bourse était l’affaire de Danone, Rhône-Poulenc et des autres... Mais il avait entendu parler d’une nouvelle place de marché et comme à chaque fois avec Fred, il m’a dit : ‘on y va’ ». 

L’histoire d’HighCo, c’est une histoire à trois avec Didier Chabassieu, entré en apprentissage au sein du groupe et aujourd’hui président du directoire.

« On s’est retrouvé à préparer à trois une entrée en bourse », raconte Richard Caillat, qui se souvient encore du grand jour, cette incroyable matinée de 1996 à la Pyramide du Louvre. « Il y avait plus de 1 500 personnes devant nous à représenter toute la planète finances. Aujourd’hui, cela paraît banal mais à l’époque, on ne parlait pas de start-up et on manipulait encore le Minitel. Le jour de notre introduction, nous avons enregistré 37 fois la demande. Le cours et la valeur ont pulvérisé toutes les prévisions, normes et calculs. On s’est retrouvé ainsi à la tête d’une entreprise au capital initial de 15 000 avec des moyens considérables. Jeunes et riches ».

C’est à cet endroit sans doute que Frédéric Chevalier a fécondé certains concepts de sa pensée. « Comme un groupe de rock qui arrive pour révolutionner la musique, on voulait dépoussiérer le modèle d’entreprise, à tous les niveaux. Fred a toujours porté un regard critique sur les choses et le monde, qu’il trouvait imparfaits. À l’époque, on ne voyait pas autour de nous de modèle d’entreprise attractif. Tout était soit paternaliste soit impersonnel. Quand on est rentré en bourse, on a rendu tous les salariés actionnaires, à l’époque cela ne se faisait pas. On a donné des responsabilités immenses à des jeunes de 20 et 22 ans »

La suite, on la connaît. HighCo va bien (81,06 M€ de marge brute, 900 à 1 000 salariés, une implantation dans une quinzaine de pays), un essaimage avec des échecs et des succès (Digitick, Easyvoyage, rue du Commerce…), la création de Booster pour investir dans des sociétés avant de se concentrer sur thecamp.

« Avec lui, on n’est pas dans des systèmes de hiérarchies traditionnelles », confirme Corinne Vezzoni. Il avait cette idée particulière de la collégialité, le sens du collectif, valable à la fois pour le territoire - pas de cloisonnement, pas de frontières – qu’au sein de l’entreprise et dans sa relation avec les autres. Cette idée que, chacun a sa place et dans ses compétences, on peut faire quelque chose de formidable tous ensemble ».

Sa pensée pourrait trouver une réponse dans le questionnement : que fait-on de nos connaissances ? Au profit de qui les mettons-nous ?

 

thecamp : Avoir une influence positive sur le monde

thecamp. Ce chantier dans lequel il a investi personnellement 12 M€. Ce site planté sur 7 ha pour lequel il a attendu pendant près de 10 ans, offrant à un jet de la gare TGV d’Aix-en-Provence un écrin de nature encadré par la montagne Sainte-Victoire et le massif de l’Etoile. « Un vrai choix car thecamp est un lieu de destination, une expérience où l'on pense le monde et l'avenir, l’on travaille les ruptures où l’on innove et expérimente... et la Provence participera, avec l'architecture, à cette expérience extraordinaire qui sera vécue ici », disait-il.

Ce projet qui a suscité la curiosité de la Singularity university, du MIT et Stanford, du Center for Urban Science and Progress et qui a « bluffé » l’ex locataire de Bercy Emmanuel Macron, annoncé pour inaugurer le projet le 28 septembre avec son nouveau costume de président.

Maintes fois qualifié, assimilé ou apparenté à … alors qu’il se veut hors champ d’observation existant. Frédéric Chevalier, sans doute sensibilisé par son expérience de « l’énergie créatrice et à la dimension transdisciplinaire » des campus américains, le qualifiait lui-même comme un « tiers-lieu alternatif », un « laboratoire d'intelligence collective », un « campus de transformation, d’expérimentation, d’innovation », un endroit de pensée, de formation et partage des savoirs, unissant privé et public, grands groupes, startups, PME, ETI, collectivités, institutions publiques, associations, ONG... pour penser « toutes les formes de ruptures qui sont de nature à changer le monde » dans un « sens plus humain et durable ».

 

Comprendre et domestiquer les technologies émergentes

« thecamp est la matérialisation de sa pensée, décrypte Richard Caillat. Fred était dans la page blanche perpétuelle , dans la vision, la projection, le futur. Il est convaincu depuis très longtemps que le monde est en profonde mutation, que les technologies digitales vont transformer le monde au plus profond de toute la civilisation, pour le meilleur ou pour le pire d’ailleurs, et plus vite que notre pensée. Il a estimé que pour faire face à cette transformation et accélération, il fallait créer un outil au service de tout un tas d’acteurs pour leur permettre d’innover dans un endroit propice ».

« Il a toujours eu ce regard posé sur le monde avec plein de questions, sans certitudes, mais avec plein de sensibilité et c’est sans doute pour cela qu’il a eu autant d’intuitions. Il essayait toujours de comprendre non pas ce qui était à la pointe en ce moment, mais ce qui allait être à la pointe demain, et ce, pour faire mieux », renchérit Pascal Lorne, entrepreneur marseillais à tête d’une start-up « disruptive » sur le champ de l’emploi Gojob après avoir fait fortune avec une précédente aventure.

« Il ne voulait pas créer une nouvelle « vieille école » mais une nouvelle « neuve » école car il estimait que la façon dont on pense aujourd’hui le management et la manière de l’enseigner dans les écoles de business ne sont plus adaptées à un monde de plus en plus complexe », signifie François Pierson.

L’ex PDG d’Axa était président du conseil d’administration d’Euromed Management (devenu Kedge BS depuis) quand il lui a demandé de présider le comité stratégique de la business school, charge qu’il a occupée pendant 5 à 6 ans. « Nous avions identifié que l’école avait besoin de poser une stratégie à long terme au-delà de l’excellence opérationnelle qu’elle revendiquait. Frédéric nous a permis de l'élaborer. Il a laissé à l’école une vision sur la gestion entrepreneuriale. L’action dominante d’une école est naturellement l’enseignement. Or, les écoles de management sont aussi des entreprises et Frédéric a forcé les administrateurs à poser ce regard là ».

L’homme a aussi été touché par « l’élégance » de sa « recrue » au comité stratégique : « peu ont envie de quitter ces instances d’influence. Lui l’a fait car il estimait que l’aventure dans laquelle il s’engageait pouvait se trouver en conflit d’intérêt avec Euromed alors que je ne lui demandais pas et que je ne le pensais même pas ».

 

Fertiliser l’innovation dans un endroit propice

Thecamp. Un projet qu'il qualifiait lui-même comme un « laboratoire d'intelligence collective », unissant privé et public pour penser « toutes les formes de ruptures de nature à changer le monde » dans un « sens plus humain et durable » ©Vezzoni archtectes

 

« Frédéric n’était pas dans la redite. Il n’a jamais voulu reproduire un lieu vu ailleurs. Il voulait quelque chose d’atypique, que l’on projette les gens dans un autre univers et qu’ils vivent une expérience de vie, de travail, de partage », explique Corinne Vezzoni, l’architecte marseillaise du projet, qui un beau jour à reçu un appel conformément à la promesse qu’il lui avait faite trois ans plus tôt alors qu’elle ne le connaissait pas : « C’est mort pour vous mais sachez que j’ai beaucoup apprécié votre démarche de vouloir constituer une équipe pluridisciplinaire et votre sensibilité. Un jour je vous appellerai ». Elle venait d’être écartée d’un concours pour la requalification du Vieux-Port de Marseille au profit du cabinet de Norman Foster.

« Il m’a appelé et m’a simplement dit : je muris un projet de longue date. Je démarre. Tentons-le ensemble. Cette confiance absolue que nous nous sommes immédiatement accordée a été sur un plan architectural la base même de la réussite du projet ».

Elle qui pourtant concède très peu de projets privés car il s’agit trop souvent de « tenir le crayon pour des gens aux idées arrêtées » a enfreint une de ses règles. Car « il partage avec moi un rapport fort à la nature. Il a cette volonté de la révéler et la mettre en valeur. Pour cette raison, nous étions d’accord pour dire qu’il ne devait y avoir qu’un seul matériau : du béton au sol et au mur et du verre juste pour respecter la transparence des volumes de façon vivre en plein nature et être pénétré par le décor qui nous entoure », explique l’architecte réputée pour construire ses convictions architecturales à l’aune du cadre urbain. « C’est assez rare, reprend-elle. Il y a plein d’entrepreneurs avec des qualités de programmation, de montage d’entreprises, mais peu qui ait cette qualité esthétique et plastique ».

 

Les clés de sa capacité à enrôler

Sur sa capacité à embarquer collectivités, banques (Caisse des dépôts, la Caisse d’Épargne…), groupes industriels (Cisco, Sodexo, Vinci, CMA CGM, groupe Accor...) et … Bercy (dans le cadre du label French Tech), à attirer dans ses équipes des personnalités diplômés de Stanford et d’ailleurs, à capter des fonds (70 à 80 M€), Jean-Paul Bailly n’est absolument pas surpris :

« Enthousiasme, courage, volonté de réussir, valeurs, vision, prise de risques à un moment où il fallait mettre en place, le projet, la construction, les financements, construire les équipes… Respect. Je ne connaissais pas Frédéric Chevalier. Un ami commun nous a mis en contact. J’ai été à la fois impressionné et séduit par son caractère visionnaire », explique l'homme de réseau qui a fait plus qu’ouvrir son carnet d’adresses à l’entrepreneur. « J’ai rejoint le comité d'orientation de thecamp car l’idée m’a enthousiasmé de contribuer, aux côtés de personnes venant d'horizons différents, à la stratégie d’un lieu, qui par tous ses aspects, correspond pour moi aux enjeux de notre société », justifie celui qui met sa retraite et son expérience au profit de la « collectivité. « Le savoir et la connaissance sont les clés de demain. L'innovation est au croisement des savoirs. La transversalité est la seule façon de faire face aux enjeux actuels ».

« Pourquoi avons-nous suivi ? explique pour sa part Éric Texier, directeur de l’innovation chez Sodexo. « Parce qu’on partage la vision et les trois valeurs exprimées par Frédéric Chevalier dans son projet : penser la ville de demain connectée, imaginer un écosystème socialement responsable et placer l’humain au centre des enjeux d’un nouvel environnement urbain. La dynamique unique de thecamp, dont la portée est internationale, et qui réunit une diversité de profils, d’âges et de genres, nous a convaincus car l’on ne pourra pas imaginer seul ce futur que nous voulons meilleur ». Avant d’insister : « nous aurons à cœur d’honorer l’énergie, la vision et l’audace dont il a fait preuve ».

« Quand je lui demandais comment il avait fait pour aller aussi vite. Il me disait qu’il avait toujours eu beaucoup de chance en attirant à lui plein de talents. C’est sans doute sa capacité à tirer vers le haut et à être toujours positif qui ont tellement donné envie de le suivre », ajoute Pascal Lorne, qui n’a jamais eu l’occasion de croiser du business avec Frédéric Chevalier.

« J’appelle ces entrepreneurs des éclaireurs. Ils sont capables de fédérer, quel que soit l’écosystème dans lequel ils sont. C’est la particularité des grands leaders. Il l’a prouvé dans ses différentes entreprises. Il y a de grands manageurs mais lui, ce qui le caractérise, c’est sa densité humaine » soutient François Pierson. Le président du conseil d'administration de Kedge BS se souvient aussi du souffle créatif de l’entrepreneur jusque dans son champ lexical : « il avait une richesse de l’expression formidable, d’une inventivité presque lyrique. Quand vous êtes capable d’exprimer une pensée de cette façon, vous ne pouvez que susciter l’enthousiasme et l’adhésion ».

 

Le goût de ce qui irrigue la réflexion : Mécènes du Sud, Top 20 ...

Les 8 membres fondateurs de Mécènes du Sud, un collectif d’entreprises créé pour stimuler la création artistique contemporaine ©DR

 

« J’étais dircom de l’OM, restitue Laurent Carenzo, quand j’ai été contacté par Alain Chemla, patron de la filiale Ricard SA qui voulait créer une association autour de la culture ». C’est l’acte fondateur de Mécènes du Sud, un collectif d’entreprises créé par 8 membres fondateurs pour stimuler la création artistique contemporaine. Elle sera pour beaucoup dans l’engagement de la chambre consulaire pour la candidature au titre de Capitale Européenne de la Culture 2013.

« C’est à l’occasion de la première réunion que je rencontre pour la première fois Frédéric Chevalier, un type que je trouve d’emblée chaleureux, dynamique et surtout soucieux du territoire dans le sens où pour lui, qui était alors à la tête d’HighCo, c’était une façon de dire que l’entreprise en est aussi un acteur ».

Quand fin 2005, Jacques Pfister, alors président de la CCIMP, décide de créer le club Top 20, un lobby réunissant les 40 patrons des plus grosses sociétés du territoire avec pour ambition de propulser l'agglomération marseillaise parmi les vingt premières métropoles européennes en faisant bouger les lignes politiques et en militant notamment pour une « métropole » afin de mutualiser les moyens dans les transports, les équipements, le logement, la présidence revient à …Frédéric Chevalier. Le club avait trois critères précis pour désigner son président : « loyauté, loyauté, loyauté ». À l’énoncé de ces critères, Jaccques Pfister, a tranché : « Alors, ce sera Frédéric Chevalier ».

Le club Top 20 s'est illustré en portant le projet Marseille capitale européenne de la culture 2013 mais pas seulement .... Mais plus encore, « Frédéric a amené la pensée métropolitaine du patronat et c’est ce qui nous a permis de nous exprimer ensuite dans les discussions auprès de la mission de préfiguration de la Métropole », rappelle Laurence Carenzo.

 

Empreinte indélébile : son héritage

Frédéric Chevalier. Lui qui était possédé, non pas parce qu’il possède, mais par le besoin impérieux de transmettre, laisse un héritage riche d’enseignements que chacun concède, quels que soient l’âge, la densité de son parcours, l’intensité de son expérience…

Le premier sera sans doute, là où parfois les entrepreneurs hésitent entre lente reddition et l’audace de changer la vie, de restaurer l’apprentissage … du rêve en montrant le chemin « walk the walk », ce dicton anglo-saxon qui exhorte à mettre en accord ses actes et ses pensées et faire ce que l’on dit.

« Objectivement, j’ai rencontré beaucoup de monde dans ma vie mais rarement des personnes de cette qualité avec cette combinaison de vision et de valeurs », répond sans hésiter Jean-Paul Bailly, qui sait le socle très solide pour faire aboutir le projet*.

« Il va laisser des marques dans l’écosystème. C’est un très bel exemple d’un homme de 50 ans capable de ne pas se contenter de la chose acquise et de rendre à la communauté. Il nous apprend que la richesse vient des relations que l’on créé autour de soi et de ce que l’on a apprend et donne aux autres », estime Pascal Lorne, qui ne souhaite pas non plus « s'appauvrir seul, gavé de millions », en réinvestissant une partie de sa fortune acquise au grè de quelques succès.

« 'Allez vers l’idéal en passant par le réel'. Soudain, en pensant à lui, j’ai cette phrase de Jean Jaurès qui me parcourt, sourit Corinne Vezzoni. C’est ce qu'il a montré et démontré ».

 

Adeline Descamps

 

*L’équipe de direction en place  : Lionel Minassian et François Creton, vice-présidents ainsi que Guillaume Fichefeux et Denis Parisot, co-directeurs généraux, et Walter Baets, Dean, en concertation avec la famille et les actionnaires de thecamp, ont fait savoir leur pleine capacité juridique, financière et opérationnelle pour mener à bien la poursuite de l’aventure thecamp.