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11.09.2017 - Métropole

La gouvernance partagée désormais à l'épreuve ... de(s) actions

C'était un engagement de l'exécutif de la toute jeune institution : écrire la stratégie de concert avec les représentants de la « grande chaîne du développement économique ». Comme un gage d’une feuille de route empreinte d’une connaissance des besoins de l’entreprise. Dix questions se posent.

 

« La métropole, c’est comme une start-up. C’est quoi son pitch ? Comment elle se raconte à des investisseurs ? C’est quoi son plan pour attirer des talents ici ». « Le pitch, on est en train de l’écrire justement », lui est-il répondu en direct live.

L’homme, qui interpelle ainsi en recourant à la syntaxe des startuppeurs, figurait parmi la centaine de décideurs, élus et représentants du monde socio-économique, qui ont assisté le 6 septembre au Palais de la Bourse à Marseille à un débat organisé (par Gomet' en partenariat avec la CCI Marseille Provence) dans la foulée de l’installation et première réunion du comité de gouvernance économique. Cette instance qui doit être la direction assistée de l’« Agenda métropolitain de développement économique», autrement dit la feuille de route (vision, objectifs, actions) que s’assigne la toute jeune Métropole (à peine plus d’un an) pour concrétiser ses « audacieuses ambitions » dans les années qui viennent.

 

Encore une instance, cela va servir à quoi ?

C’est le « deal » qu’ont obtenu des « politiques » les acteurs « de la chaîne du développement économique, allant de la formation et la recherche aux entreprises » : tenir le crayon dans l’écriture de la stratégie de la toute nouvelle institution métropolitaine et accompagner la mise en œuvre.

La méthode est ainsi présentée comme le gage d’une feuille de route empreinte de réalisme économique et d’une connaissance des besoins de l’entreprise. Et plus encore que « la primauté » sera donnée aux actions, de l’aveu même de Jean-Claude Gaudin, le président d'Aix-Marseille Provence Métropole.

« Cette gouvernance économique partagée est une grande première. Nous, acteurs économiques sommes là, aux côtés des élus, pour veiller à la priorisation des actions », ancre Jean-Luc Chauvin, président de la CCI Marseille Provence, propulsée par une convention-cadre signée en fin d’année dernière au statut de bras économique de la Métropole pour assurer une mise en œuvre au plus près du terrain.

 

Métropole, on rembobine

 

« Ils » (les élus) n’en voulaient pas, ou du moins pas comme cela, mais désormais elle est là.

Et le duo exécutif en charge de sa mise en œuvre – Jean-Claude Gaudin et Martine Vassal, respectivement président et première vice-présidente de la nouvelle institution métropolitaine - a fini par croire, qu’en « broadant leur scope », dirait le startuppeur (élargir son champ d'action, avoir une vision plus large) et en rationalisant les moyens à ce jour trop dispersés, la Métropole pourrait relever tous ses défis.

Imposée « d’en haut » par les lois MAPTAM et NOTRe, « montée à la va-vite » (Martine Vassal : « nous voulions une métropole de projets et des transports, et nous avons une métropole qui doit tout faire »), le nouvel objet institutionnel créé 1er janvier 2016 préside désormais aux destinées économiques de la seconde métropole française derrière le Grand Paris et devant le Grand Lyon : un territoire agrégeant 1,8 million d'habitants au sein de 92 communes (et autant de maires toujours inquiets quant à leur prérogatives de proximité au sein d’une Métropole, de surcroît appelée à fusionner avec le Département à horizon 2020).   

La nouvelle institution, autorité organisatrice unique de la mobilité sur son territoire depuis le 1er janvier 2017, a présenté en fin d'année dernière son « Agenda de la mobilité métropolitaine » (vision stratégique et plan d’actions) pour décloisonner un espace, où l'éclatement des zones d'activités et de ses bassins d'emplois sont rendus coupables d’entraver le développement et l’accès aux ressources : emploi, logement, transports-mobilité, éducation... L’INSEE estime ainsi que pour atteindre un taux égal aux quatre grandes aires urbaines comparables (Lyon, Toulouse, Lille et Bordeaux), 60 000 emplois devraient y être créés.

En mars, les représentants de la Métropole ont présenté le fruit de leur travail, cette fois, sur le volet du développement économique, un « business plan » décliné en plusieurs sur plusieurs champs - international, attractivité, politique foncière etc. -, et cranté par des dates de réalisation (cf. Le plan d'attaque d'Aix-Marseille Provence).

Ces documents-fondateurs, votés tous deux à l’unanimité par le Conseil métropolitain (« une prouesse », salue Jean-Luc Chauvin), dans un territoire que l’on dit toujours au bord de la rupture, ont pour première vertu d’offrir à l’ensemble des acteurs à la fois « une lecture globale sur le plan de la mobilité et du développement économique et un cadre de réflexion et de travail. Avec en plus, une instance de pilotage qui n’est ni purement l’apanage de l’économique, ni celui du politique, ni celui de la société civile, et où l’on peut discuter des sujets. On ne va pas cracher dans la soupe », fait observer un participant qui ne boude pas son plaisir.

 

En mars dernier, Martine Vassal et Jean-Claude Gaudin, aux commandes de la Métropole, lors de la présentation de la stratégie économique de la Métropole

 

C’est quoi son « executive summary » ? (pour les non initiés : condensé opérationnel du business plan : problématique, marché, concurrent, équipe, financement, étapes de développement)

Le diagnostic est posé et partagé, salue Martine Vassal. « Tout le monde a convenu que nous avons un territoire très paradoxal avec des atouts déterminants mais des indicateurs socio-économiques qui ne sont pas bons » partageait Martine Vassal, en mars dernier.

 

Ses problématiques ?

Une mobilité contrainte : des infrastructures saturées, une offre de transports publics insuffisante...

Une offre foncière et immobilière déficitaire : les besoins ont été estimés à quelque 1 500 ha d'ici 2030 (cf. Foncier économique : Il manque 750 ha à la Métropole Aix-Marseille Provence).

Une fragilité sociale avec un taux de chômage (11,7 % en moyenne contre 9, 9 % au niveau national), et de pauvreté plus élevés qu'ailleurs (le revenu fiscal médian dans l'aire urbaine d'Aix-Marseille est environ 10 % inférieur à celui de Lyon, Toulouse ou Bordeaux).

Un niveau de formation à adapter aux besoins des entreprises (déficit d'emplois stratégiques dans les activités de services supérieurs à haute valeur ajoutée). Selon l'lnsee, les cadres des fonctions métropolitaines (prestations intellectuelles à la conception-recherche ...) ne représentent « que » 10,9 % de l'emploi de la métropole contre 13 % en moyenne pour Lyon, Toulouse, Lille et Bordeaux.

Une attractivité à conforter sur certaines cibles stratégiques (firmes internationales, diplômés du supérieur, cadres) : les « niveaux supérieur à BAC+2/ » ne représentaient (2012) « que » 15,6 % des habitants d'Aix-Marseille-Provence contre 21,5 % dans le département de Haute-Garonne (Toulouse) ou 19,6 % dans le Rhône (Lyon).

Une image métropolitaine à construire suite à la création tardive de la métropole et donc à l'absence d'une stratégie de promotion partagée 

Une meilleure maîtrise de l'aménagement commercial (qui élargisse le compas vers le commerce de proximité).

 

Ses atouts face à la concurrence ?

« Un tissu productif diversifié, adossé à des filières d'excellence dynamiques et à des grands projets structurants ainsi qu’un potentiel de recherche et d'innovation très important », synthétisent en chœur les deux représentants du monde économique via la CCIMP et l’UPE 13, Jean-Luc Chauvin et Johan Bencivenga.

Mais aussi, est-il partagé, « une économie présentielle dynamique, un territoire d'entrepreneurs, un positionnement géostratégique et un réseau d’infrastructures », avec un port parmi « les 50 plus grands ports au niveau mondial », un aéroport « en forte croissance parmi les trois premiers de province, 2e aéroport sur le Maghreb après Paris », et qui attend l'ouverture de nouvelles lignes aériennes vers les États-Unis, le Moyen Orient, l'Asie, pour structurer le rôle de hub international de l'aéroport ; les gares TGV d'Aix-en-Provence et de Marseille (17,5 millions de passagers) ; un hub télécom avec la plupart des câbles sous-marins dédiés à l'échange de données Internet, qui relient l'Europe à l'Afrique, au Moyen-Orient et à l'Asie.

 

Son business model ?

À plus ou moins terme, la priorité absolue reste la création d’emplois et les six filières* dites « d’excellence métropolitaine » sont identifiées comme un coffre à munitions pour désamorcer la bombe à retardement que constituent les inégalités au moyen d'un développement qui ne laisse pas les plus fragiles sur les chemins de traverse et adresse la diversité des besoins des territoires et des usagers (habitants et entreprises). Des travaux récents estiment que les représenteraient un potentiel de 20 000 créations d'ici 2030**.

L’autre grand chantier est l’attractivité de ce territoire qui, en raison de sa taille et de son poids sur la scène nationale, devrait se challenger sur un échiquier au moins européen.

La reconquête du foncier économique est également fléchée comme une priorité à court terme, et notamment celle de l'accessibilité des zones d'activité (cf. Comment Aix-Marseille-Provence peut sortir de l’impasse foncière).

« J’ai besoin de 2 000 m2 en centre-ville et je n’en trouve pas », témoignait lors du débat le dirigeant de Cap Vert Énergie, producteur indépendant d'énergies renouvelables, dont la croissance (75 collaborateurs aujourd’hui, 120 à 2019, 10 recrutement en cours pour lesquels il peine) a besoin d’espace pour s’exprimer.

À l'échelle de la Métropole Aix-Marseille-Provence, d’après les travaux de la CCI Marseille Provence, seuls 161 ha de foncier seraient « commercialisables » sur un ensemble de sites « productifs » déjà occupés à 98 % :

Ne pas donner aux entreprises du secteur productif les possibilités de s'implanter, de se développer, de s'étendre dans des sites de qualité, bien connectés aux fonctions urbaines dont ils ont besoin, c'est se priver d'un potentiel de création de 20 000 emplois et mettre en danger plus de 40 000 emplois existants », font valoir les travaux de la chambre consulaire à ce propos.

Enfin, la conquête des secteurs à haute intensité de connaissance ou les industries de haute technologie est perçue comme un levier pour asseoir le statut de métropole innovante. Le volume de création d'entreprises dans ces secteurs ne représentait en 2014 « que » 36 % de l’ensemble des créations à l'échelle métropolitaine, derrière le Grand Lyon (47 %), Toulouse (48 %), Nantes (50 %) ou Rennes (52 %).

 

Son positionnement ?

« Notre position géostratégique nous donne une forte légitimité pour asseoir notre territoire comme une plateforme d'échange entre l'Europe et la Méditerranée et également vers l'Afrique. En affirmant notre vocation de territoire d'innovation et d'expérimentation, nous allons construire notre modèle métropolitain. Les entrepreneurs cherchent des réponses dans lesquelles ils trouvent des compétences d'innovation, des capacités de financement, des conditions de qualité de vie permettant d'attirer et de conserver des talents », résume Martine Vassal.

La Métropole se veut donc : euroméditerranéenne (capitale du sud de la Méditerranée : « le territoire privilégié pour innover et entreprendre de l'Europe du sud »), entrepreneuriale (rendant la vie des entreprises facile), compétitive, partenariale, de proximité et innovante (choix de la transition énergétique et numérique).

 

Ses avancées à date ?

« 50 à 60 % des 152 actions de l’agenda ont été engagés à ce jour », a précisé Jean Philippe Hanff, directeur général adjoint du développement économique qui estime à 900 M€ le montant de l'ensemble des investissements.

Parmi les actions engagées qui ont été mentionnées à l’occasion de cette rencontre : la transformation de Provence Promotion en agence métropolitaine de marketing territorial et de promotion internationale ; la finalisation d’une délibération-cadre sur la stratégie touristique du territoire qui sera soumise au vote lors du prochain Conseil de la Métropole ; l’élaboration d’une stratégie d’attractivité à l’international; le schéma d’élaboration du tertiaire qui sera présenté d’ici la fin de l’année, l’élaboration d’une stratégie sur la smart city ; le lancement d’ici la fin de l’année d’un appel à projets sur l’économie circulaire ; la réflexion sur le développement des croisières au regard de la problématique foncière du port…

 

Ses priorités ?

Convergence vers deux priorités à court terme : le dossier de la privatisation de l'aéroport Marseille-Provence (près de 8,4 millions de passagers) et celui de la mobilité et des déplacements.

Lors de sa conférence de presse annuelle en janvier dernier, la direction de la société Aéroport Marseille Provence (AMP) indiquait qu’une privatisation partielle ne pourrait intervenir avant 2018 (il faut trois exercices pleins certifiés pour intéresser d'éventuels investisseurs, soit en avril/mai 2018).

Quoi qu’il en soit, la société, dont le capital est réparti entre la CCIMP (25 %), l’État (60 %), et les collectivités territoriales (15 %), est concernée par la logique qui a prévalu à Toulouse, Nice et Lyon, où l'État a cédé 60 % des parts qu'il détenait.

Le monde économique entend se mobiliser pour avoir un droit de regard de façon à ce que prime « le développement économique du territoire sur la seule logique financière » (Johan Bencivenga, président de l’UPE 13).

Quant au dossier « mobilité », il reste attendu que l’État tienne ses engagements financiers. La présidente du Conseil départemental indique que la collectivité a engagé 300 M€ en autorisations de programme.

Une décision devait intervenir en juin mais a finalement été repoussée à septembre… Début août, lors des visites ministérielles de Bruno Le Maire et d’Élisabeth Borne à Marseille, le président de la Métropole Jean-Claude Gaudin a remis l’urgence sur la table (cf.plus bas).

Les investissements destinés à améliorer les déplacements quotidiens des habitants d’Aix Marseille Provence sont estimés à 3,5 Md€ d’ici à 2025 et à 6 Md€ pour la seconde phase 2025-2035. La ministre chargée des Transports avait alors rappelé qu’une mission inter-inspection était en train de plancher sur le financement de l’agenda de la mobilité métropolitaine.

 

Son Advisory board

Le comité de gouvernance économique compte 16 membres :

• Les élus métropolitains : Jean-Claude Gaudin, Martine Vassal, Gérard Gazay, Gérard Bramoullé, Danielle Milon, Richard Mallié, Frédéric Collart, Béatrice Aliphat, Martial Alvarez.

• Les acteurs économiques : Jean-Luc Chauvin et Laurent Amar (CCIMP), Johan Bencivenga et Sébastien Didier (UPE 13), Yvon Berland (AMU), Alain Gargani, (CPME 13), Monique Cassar (CMAR), Christine Cabau-Woehrel (GPMM) et Claude Rossignol (Chambre d'agriculture des Bouches-du-Rhône).

Il se réunira sur une base trimestrielle. Le prochain devrait néanmoins se tenir dans un délai de deux mois. Entre temps, l’instance devrait se réunir de façon informelle pour évoquer la question de l'aéroport de Marseille Provence dans la perspective de l’arrivée d’un nouveau directeur général.

 

Ses besoins de financement

Ils ont été détaillés dans les différents documents supports.

 

La question de ceux qui regardent de près l'évolution de cette métropole qui, quoi qu'on en dise, surprend ?

En langage startuppeur : est-ce que la jeune Métropole aura à « bootstrapper » (tout faire avec trois bouts de ficelle) pour assurer « sa traction », ce temps déterminant où l'entreprise commence à intéresser des étrangers, des influenceurs, des investisseurs, des clients, des prescripteurs …

 

Adeline Descamps

 

* aéronautique-mécanique, maritime   et   logistique,   santé,   industries   numériques et créatives, énergie-environnement, art de vivre et tourisme

**7 300 créations d'emplois liées aux grands projets d'innovation (2 500 pour la logistique portuaire et 3 500 pour le projet Henri Fabre) ; 12.700 créations d'emplois liées directement au dynamisme de chaque secteur d'ici 2030.

 

Sur ce sujet

Économie : Le plan d'attaque d'Aix-Marseille Provence

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La feuille de route économique de Aix-Marseille Provence enfin validée

Aix-Marseille ou la bataille (au long cours) de l'attractivité 

 

 

Ils ont tweeté durant le débat

 

[Direct] @chauvinjl président de @CCI_MP : « L'un des sujets c'est l'accessibilité des zones entreprises » #Formet17

 

[Direct] @chauvinjl : « La mobilité est indispensable au développement économique du territoire » #Formet17

 

[Direct] @JohanBencivenga « sur l'aéroport, on ne veut pas d'une logique financière au détriment du développement économique du territoire » #Formet17

 

[Direct] @CaissedesDepots « L'appel à projet PIA "territoire d'innovation" correspond parfaitement à la Métropole. Il est doté de 500 M€ » #Formet17

 

[Direct] @chauvinjl « On manque de hauteur de vue sur la Métropole pour avoir un pitch. Il sera prêt quand on aura créé une marque » #Formet17

 

[Direct] @JohanBencivenga : « Le comité de gouvernance économique réunit AMU, les élus et les entrepreneurs. C'est une satisfaction » #Formet17

 

[Direct] @MartineVassal : « il y a un gros travail à faire sur la formation » #Formet17

 

      

      Les transports, condition de la réussite de la stratégie métropolitaine ?

 

Tandis que seront lancées officiellement le 19 septembre les assises de la mobilité, la métropole Aix-Marseille Provence attend toujours des financements pour enclencher activement les investissements prévus par son « Agenda de la mobilité » document voté fin 2016 par le Conseil métropolitain. 3,5 Md€ ont été estimés d’ici à 2025 pour financer l’amélioration des déplacements quotidiens des habitants d’Aix Marseille Provence.

Les Assises, organisées en cette fin septembre par le ministère de la Transition écologique et solidaire, auquel est rattachée la ministre chargée des Transports Élisabeth Borne, doivent précisément contribuer à préparer une loi d'orientation des mobilités qui sera débattue au premier trimestre 2018. Étant sous-entendu que les nouvelles formes de mobilité doivent aussi contribuer à sortir le réseau de transports hexagonal de « l'impasse financière » provoquée par le coup d’arrêt aux grandes infrastructures décidé par l’actuel gouvernement contraint dans ses budgets.

L’enjeu au sein de la métropole Aix Marseille Provence est ailleurs, à lire les éléments du diagnostic, démontrant comment la mobilité fabrique sur ce territoire des inégalités et entrave le développement économique.

L’agenda de la mobilité prévoit notamment l’instauration d’un réseau de bus Premium, l’extension du métro et du tramway à Marseille, le développement du rail et du TER, l’amélioration du réseau routier, le développement des modes doux de déplacement.

Profitant du déplacement à Marseille durant l’été d’Élisabeth Borne, le président de la Métropole Jean-Claude Gaudin ne s’est pas privé de rappeler l’État à ses engagements.

Tout en partageant les constats et les priorités (les transports au quotidien) avec les élus métropolitains, la ministre a alors rappelé qu’une mission inter inspection a été diligentée. « Dès que j’aurai le rapport nous pourrons échanger avec M. Gaudin et les élus de la métropole sur la façon d’accompagner l’amélioration de la mobilité. »

Lors de la signature du pacte métropolitain d’innovation d’Aix-Marseille-Provence en janvier dernier entre l’État et la Métropole, ce dernier s’était par ailleurs engagé à apporter 13,65 M€ pour initier l'agenda mobilité de la métropole Aix-Marseille Provence. Une enveloppe qui devait notamment permettre de lancer les études pour le MétroExpress, le futur réseau de transports urbains de toute la métropole, constitué de lignes de car à haut niveau de service, de tramways express et de trains régionaux modernisés et fiabilisés.

A.D

 

 

 

Aix-Marseille Provence Métropole : Lu dans le diagnostic 

 

La métropole compte 700 entreprises étrangères déjà implantées, et 1 500 à 2 000 nouveaux emplois à 3 ans seraient générés par de nouvelles implantations.

Le territoire se classe en 2e position des métropoles françaises derrière Lyon  (hors Paris-Ile-de-France) en termes d'attraction de projets d'investissements  étrangers. Mais l'attractivité économique de la Métropole demeure encore très tournée vers les grandes entreprises françaises. 88 % des filiales qui s’y implantent sont françaises, soit une part bien supérieure à la moyenne des villes mondiales (67 %/comme le montre l'étude réalisée par l'Université de Lausanne visant à qualifier le positionnement de la Métropole Aix-Marseille-Provence dans les réseaux mondiaux d'entreprises multinationales (cf.Comment Aix-Marseille Provence compte s’arrimer au monde).

Dans ses échanges migratoires avec le reste de la France métropolitaine, la Métropole perd plus d'habitants qu'elle n'en gagne : sur 5 ans, 143 500 habitants ont quitté le territoire et seuls 131 000 y seraient arrivés, selon le diagnostic partagé. Pour toutes les catégories socioprofessionnelles, les départs sont plus nombreux que les arrivées.

La Métropole connaît par ailleurs un déficit d'attractivité auprès de la main d'œuvre hautement qualifiée : elle peine à attirer des diplômés du supérieur : les « niveaux supérieur à BAC+2/ » ne représentaient (2012) que 15,6 % des habitants d'Aix-Marseille-Provence contre 21,5 % dans le département de Haute-Garonne (Toulouse) ou 19,6 % dans le Rhône (Lyon).

Selon l'lnsee, les cadres des fonctions métropolitaines ne représentent « que » 10,9 % de l'emploi de la métropole contre 13 % en moyenne pour Lyon, Toulouse, Lille et Bordeaux.

Les difficultés de la Métropole Aix-Marseille-Provence sur le marché du travail pourraient s'expliquer, selon les auteurs du diagnostic, par une part plus élevée de personnes non diplômées (14 % des actifs de 15 ans ou plus contre 11 % en moyenne pour les métropoles de Lyon, Toulouse, Lille et Bordeaux). La proportion des actifs diplômés du supérieur est également plus faible : 37 % (soit 665125personnes) des actifs de 15 ans ou plus contre 41 % pour les autres métropoles françaises. 

Les retraités représentant 24,9 % de la population active de plus de 15 ans, la métropole doit également faire face à une jeunesse en difficulté. Près de deux habitants sur cinq (37 % ont moins de 30 ans). Or, 11,8 % des jeunes sont inactifs (contre 7,4 % pour des métropoles comparables). Combler ce retard permettrait à la Métropole de créer 9 000 emplois.

 

 

 

 

 

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