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13.03.2017 - Métropole

Économie : Le plan d'attaque d'Aix-Marseille Provence

Après la présentation du plan transport en décembre, la feuille de route économique de la Métropole a été présentée ce 13 mars au Pharo à Marseille. Un plan d’action organisé autour d’un objectif, six orientations et des points de repères pour cranter les avancées.

 

En « ordre de marche ». L’expression a fait tiquer l'Aixois Gérard Bramoullé, manifestement gêné par la référence au slogan d’un certain candidat à la présidentielle. L’allusion a naturellement fait sourire Jean-Claude Gaudin, toujours réceptif à l’allusion politique. Pour autant, le président de la Métropole voulait juste signifier que la nouvelle collectivité, qui consacre presque jour pour jour son « an 1 » de fonctionnement, était enfin naturalisée.

Le rapport de 80 pages, qui contient le trousseau de clefs de la stratégie de développement économique de la toute jeune Métropole, sera soumis à la validation des élus du Conseil de la Métropole le 30 mars prochain. C’est à un aperçu auquel ont eu droit la presse et la cinquantaine de personnalités conviées au salon Eugénie du Palais du Pharo ce 13 mars. Un parterre finalement en reflet de la tonalité de ce business plan qui fait la part belle à l’attractivité (pas que touristique, celle qui consiste à enraciner sur le territoire des grands comptes internationaux), à une politique de l’offre (solutions foncières, fiscalité attractive ...) et à l’emploi (par une formation adaptée aux besoins réels des entreprises).

Outre les élus métropolitains ‑ Martial Alvarez, en charge notamment de l’emploi et de l’économie sociale, Danièle Milon (promotion et tourisme), Béatrice Aliphat (industrie et réseaux d’énergie), Gérard Bramoullé (numérique et innovation technologique) et Fréderic Collart, (recherche, enseignement supérieur et santé), étaient présents des représentants de l’attractivité du territoire (Provence Promotion), du monde économique (les chambres consulaires dont la CCI Marseille Provence avec la totalité de son bureau, l’UPE 13), de l’enseignement supérieur (Aix-Marseille Université), des pôles de compétitivité (Optitec, Cap Énergies, Safe), de quelques projets structurants (Marseille Immunopole, le projet Henri-Fabre…), du tourisme, du Grand Port maritime de Marseille…

Des preuves et des gages économiques

Comme gage d’une stratégie empreinte de réalisme économique et d’une connaissance des besoins de l’entreprise que l’on dit encore trop rare de la part des « politiques », la feuille de route de la Métropole s’est établie en concertation (via des ateliers thématiques) avec « les grands acteurs de la chaîne du développement économique, allant de la formation et la recherche aux entreprises, à l’image de la CCIMP, de l’UPE13, d’Aix-Marseille Université… ». Et le président de la Métropole d’insister, comme une garantie du fait que les « besoins réels des acteurs de terrain » aient été bien intégrés, sur une joint-venture d'un genre particulier : « je pense à la CCIMP, un partenaire privilégie avec qui nous avons signé, en janvier 2017, une convention-cadre par laquelle elle devient une agence de développement économique au service de la stratégie métropolitaine pour la mise en œuvre au plus près du terrain et des entreprises. Elle sera, dans les prochains mois, déclinée en plusieurs feuilles de route opérationnelles sur plusieurs champs, comme l’international, l’attractivité et l’immobilier commercial. »

Mais le sénateur-maire de Marseille « pense » aussi, ajoute-t-il, au « grand port maritime de Marseille, acteur structurant de l’attractivité de notre territoire » auquel il propose de « nouer  une alliance stratégique » (les deux institutions travaillent sur des territoires imbriqués dont il n’est pas toujours aisé de concilier les priorités et les enjeux, et de concilier les temporalités)

Des preuves et des gages politiques

En ayant obtenu du président de la Région PACA, Christian Estrosi, l’inclusion en annexe de l’agenda économique métropolitain dans le schéma régional de développement économique SRDEII (qui sera voté le 17 mars prochain), le duo exécutif métropolitain, Jean-Claude Gaudin et sa vice-présidente Martine Vassal, sans cacher qu’on leur a imposé ce nouvel objet institutionnel un peu « trop vite et de façon trop grande et trop forte », consacrent ainsi le couple « Région-Métropole » voulu par la réforme territoriale

« Par le vote de l’Agenda métropolitain, la Région reconnaîtra la compétence économique de notre jeune Métropole, et son autonomie en termes de stratégie et de mise en actions », pointe Jean-Claude Gaudin.

Pesant plus de 40 % du PIB régional et 75 % des projets d’implantations internationales, il est jugé important que la Métropole ne soit ni hors sol ni hors sujet par rapport à la Région, qui flèche ses propres orientations stratégiques (reconquête industrielle, territoires intelligents, bien vivre).

Un diagnostic partagé

« Tout le monde a convenu que nous avons un territoire très paradoxal avec des atouts déterminants (son identité, le nombre dit exceptionnel pour un seul territoire de ses secteurs d’excellence et de ses grands projets) mais des indicateurs socio-économiques qui ne sont pas bons » (indices de pauvreté et taux de chômage supérieurs à la moyenne nationale) » diagnostique Martine Vassal, identifiant la « mobilité contrainte, le manque de foncier et la dispersions des moyens » comme les principaux freins actuels.

« Pour ce qui est des transports, nous nous sommes mis d’accord sur un plan en décembre. Il faut désormais passer à la réalisation ». À cet égard, il est attendu que l’État, « qui a fait défiler sur ce territoire ces dernières années ses ministres », tienne ses engagements financiers : « L’on s’inquiète car l’on ne voit rien venir », insiste Martine Vassal, les yeux rivés sur un autre sablier, l’agenda politique. « Si ce territoire n’est pas considéré au même niveau que le Grand Paris : nous n’avancerons pas et les transports conditionnent la réussite de notre stratégie ».

Actions : la théorie des six

Le plan d’action présenté s’articule autour des six orientations et six filières (santé, maritime-logistique, mécanique-aéronautique, industries numériques et créatives, environnement et énergie, tourisme et art de vivre). Avec pour guidelines :

« Etre une Métropole compétitive (s’appuyer sur les filières et les grands projets structurants pour accroître l’attractivité auprès des investisseurs étrangers ; amplifier le rayonnement international par une politique de grands événements thématiques : la culture en 2018, la gastronomie en 2019…) ; ouverte au monde asseoir le territoire comme plateforme d’échange entre l’Europe, la Méditerranée et l’Afrique ») ; innovante et entrepreneuriale (« affirmer la vocation du territoire en termes d’innovation et d’expérimentation ») ; facilitant la vie de l’entreprise (gouvernance : un décideur ; politique fiscale ; solutions foncières et immobilières) ; de proximité pour les citoyens et les territoires fragiles (« l’emploi comme objectif fondamental », revitalisation des centres-villes ; connectivité des territoires en très haut débit) ; et  partenariale » (« arriver à collaborer avec les autres territoires car nos fléaux n’ont pas de frontières administratives », dixit Martine Vassal).

 

Des points de repère pour mesurer les avancées

Ceux qui ont tenu le crayon se sont donnés dix objectifs prioritaires (cf. encadré) comme autant de points de repères permettant de cranter les avancées.

« Nous, milieux économiques, avons toujours été convaincus que la Métropole était la bonne échelle et la concertation entre l’économique et le politique, la bonne méthode. Le temps du diagnostic, de la construction d’une vision partagée, est derrière nous : nous entrons aujourd’hui dans ce nous appelons une Métropole de projets », a réagi Jean-Luc Chauvin, président de la CCI Marseille Provence à l’issue de la rencontre. Manifestement satisfait à l’énoncé de « priorités et d’objectifs clairs comme les 400 ha de foncier économique d’ici 2021, les 200 000 m2 d’immobilier tertiaire par an », d’un agenda et d’autres « annonces importantes comme la demande auprès de l’État de trois zones franches : en centre-ville de Marseille, dans la vallée de l’Huveaune et à Miramas ».

Si on peut regretter l’absence d’un phasage et d’un plan de financement, ce n’est pas problématique, contrecarre Jean-Luc Chauvin : « les budgets et les outils existent déjà. Il s’agit de les harmoniser et de les mettre au service des priorités partagées ».

Et de donner un premier exemple de cette coopération : « nous serons dans quelques jours au MIPIM dans le cadre d'une opération collective de séduction auprès des investisseurs internationaux. Cela aurait été impensable il y a encore trois ans ».

 

Adeline Descamps

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Le « coursing » de la métropole Aix-Marseille Provence

 

  • Mettre sur le marché 400 ha de foncier économique d’ici 2021 ;
  • Commercialiser 200 000 m2 d’immobilier tertiaire par an à moyen terme ;
  • Réussir 80 dossiers d’implantation par an, accompagner la création de 100 startups innovantes par an ;
  • Apparaître dans le top 3 du classement Ernst & Young des alternatives à Paris ;
  • Implanter avec le monde académique une Cité de l’Innovation au cœur de la Métropole ;
  • Atteindre les deux millions de passagers en 2020 et le top 3 européen des ports de croisière ;
  • Se rapprocher des métropoles comparables en matière de taux d’activité des jeunes par une politique de formation adaptée, en partenariat avec le Conseil Régional ;
  • Apporter le Très Haut Débit à 100 % des entreprises du territoire ;
  • Porter sur le territoire 20 projets par an en lien avec la smart city et le développement des usages numériques

 

 

 

 

 

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