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07.07.2017 - Marketing territorial

Comment offrir la meilleure « expérience client » aux investisseurs ?

« Nouvelles têtes » à Provence Promotion, l’agence de développement économique de la Métropole chargée d’aller « chasser » à l'étranger les candidats à l’expansion internationale. Feuille de route définitive en septembre. Mais des aménagements à la marge se dessinent.

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La feuille de route de la nouvelle équipe sera connue en septembre à l’issue de la tenue du bureau. Elle devrait contenir « quelques évolutions immédiates » pour coller aux réalités des « trois métiers de l’agence que sont la promotion, la prospection et l’implantation », cadre Jean-Luc Chauvin, qui vient de succéder à Solange Biaggi à la tête de la structure (désormais métropolitaine) chargée du développement exogène du territoire. Autrement dit, aller « chercher » des investisseurs étrangers ou du moins tenter de les convaincre de s’installer ici plus qu’ailleurs quand ils étudient une nouvelle implantation.

 

Remaniement dans la gouvernance

Jusqu’à présent cogérée par ses deux fondateurs historiques – la CCI Marseille Provence et le Département des Bouches-du-Rhône - , Provence Promotion vient de renouveler son conseil d’administration et son bureau. Un jeu de chaises musicales à la fois pour se conformer à la loi NOTRe mais aussi aux statuts de cette instance qui prévoit une présidence tournante de trois ans. Dans le tour de table, aux côtés de la CCI Marseille Provence, le Conseil départemental cède sa place à la Métropole. Jean-Luc Chauvin, qui prend donc la présidence, succède à Solange Biaggi (qui représentait le CD 13) et sera secondé par Béatrice Aliphat, maire de Saint-Mitre-les-Remparts et conseillère à la Métropole déléguée aux industries et aux réseaux d’énergies, en tant que vice-présidente, et par Claude Dardanne, directeur général du groupe Microcontroleurs et Circuits numériques au poste de trésorier.

Par ailleurs, la Région rejoint les trois autres membres statutaires (CCIMP, Métropole, Conseil départemental donc), une entrée perçue par les autres membres comme « un signal fort car cela incarne un jeu collectif mais aussi, car dans cette compétition mondiale, il faut opérer à la bonne échelle », dixit le président Chauvin. Le budget demeure fixé à 3 M€, pour l’heure apportés à parts égales par la Métropole et la CCI Marseille Provence.

 

Vertu de la gouvernance métropolitaine

Première « effet vertueux » de cette organisation en métropole, veut y lire le directeur général Philippe Stéfanini, « et cela a l’air de rien mais cela n’existait pas avant ». L’agence vient d’éditer un catalogue des 46 sites d’implantations en français et en anglais de la Métropole et du pays d’Arles classés par sites technologiques. Il met en valeur 10 ha de capacités foncières. « Notre avantage, c’est l’espace or Provence Promotion était déconnectée de l’offre car elle était portée par six intercommunalités différentes sur ce qui est aujourd’hui la Métropole et 3 sur le pays d’Arles, sans parler des autres parties prenantes, le port et Euroméditerranéee, qui sont deux structures de l’État. L’étape d’après serait une commercialisation commune », gage-t-il.

 

60 projets d'investissements aboutis

Au-delà des actes de gouvernance, des faits. En 2016, les équipes de Provence Promotion ont fait aboutir 60 projets d’investissements (Pays d’Arles compris), dont 50 % pour le compte d’entreprises hors France, et principalement d’origine américaine (à hauteur de 15 %), allemande et britannique. Soit, dans la jauge moyenne des années précédentes, indique Philippe Stéfanini, qui dirige la structure. Mais au-delà de la moyenne métropolitaine, est-il précisé.

Marseille coiffe donc sur ce point au poteau la si fascinante Lyon (33 % de projets d’investissements hors France en 2016). Pour élargir la focale, invariablement chaque année, le site France enregistre quelque 600 à 700 entreprises étrangères qui ouvrent des établissements ou investissent dans des extensions.

Depuis 2012, localement, la part des entreprises étrangères représente la moitié des projets. Ces investissements ont permis de créer 1 240 emplois (55 % générés par les entreprises étrangères) et d’en pérenniser 104. Mais ces données n’ont pas vraiment de valeur dans le sens où, en 2013 par exemple, il y a eu 63 projets aboutis générant 2 092 emplois.

 

Le numérique en open bar

« Les Bouches-du-Rhône ont permis à Provence-Alpes-Côte d’Azur de se classer au 2e rang pour les implantations industrielles dans l’aéronautique et le médical et au 3e rang pour les ouvertures de centres de R&D », glisse le dirigeant, qui occupa dans une autre vie, la même fonction à la tête de son homologue niçoise. Il fait bien d’insister tant Nice fait de l’ombre parfois pour capter des grands noms de la high-tech.

D’année en année, le numérique imprime plus fortement son ancrage. Là aussi, a contrario de la moyenne observée par le baromètre EY de l’attractivité, quand la part de ce secteur est à 12 % pour la France, elle est de 35 % sur ces terres, devant le maritime et la santé (17 %) et l’aéronautique/naval.

 

Lors de la conférence de presse à l'occasion du changement de gouvernance au sein de Provence Promotion

SAV en facteur différenciant

Si la stratégie doit être affinée d’ici septembre, les fondamentaux – rendre la Provence plus visible ; attirer des entreprises-clefs dans les six filières épinglées comme d’excellence et/ou adossés aux grands projets structurants (Henri Fabre, French Tech, Euroméditerranée, PIICTO, Marseille Immunopôle , ITER, déjà près de 2000 sociétés ont été ainsi identifiées) ; offrir la « meilleure expérience client » avec une offre adaptée – ne devraient être que modifiés à la marge.

Mais, les mots clefs du ralliement, tels qu’ils ont été perçus à l’occasion de la conférence de presse sont « plus loin, plus vite, plus fort » : « arrête de voir petit, oser plus, voir plus grand », et « accélérer ce qui a été fait car la période le permet avec toutes les collectivités désormais autour de la table », donne le tempo Jean-Luc Chauvin, qui force la géographie en englobant le pays d’Arles. « Peu importe où l’entreprise s’installe, l’essentiel est de ne pas la rater ».

Pour donner une impulsion supplémentaire, il « imagine volontiers des choses » : « Dans le métier de l’implantation, il faut que Provence Promotion, avec l’ensemble des acteurs, s’organise pour prolonger l’appui aux sociétés nouvelles arrivantes au-delà de leur phase d’installation. Et cela veut dire accompagner la recherche de foncier, le chantier s’il doit y avoir livraison d’un bâtiment, mais aussi le recrutement sur place, le logement, la scolarité, l’emploi des conjoints… C’est la SAV qui fera la différence dans la compétition territoriale », détaille le nouveau président.

 

Quand un chef d’entreprise parle à un chef d’entreprise …

C’est le récit de chacun, de ses choix stratégiques, de son retour sur investissement qui sont les meilleurs messages sur l’attractivité du territoire, défendent les spécialistes de la prospection.

« La parole d’un chef d’entreprise n’a pas la même valeur que celle d’un décideur institutionnel ou politique, argumente Jean-Luc Chauvin. Nous avons au sein de la Métropole des entrepreneurs-leaders dans tous les secteurs d’activité. Il faut les mobiliser pour qu’ils deviennent des prescripteurs et reçoivent les investisseurs. Les « business diner », cela existe ailleurs. Quand c’est un chef d’entreprise, qui a des activités en dehors de France, qui vous explique pourquoi ici, c’est un bon choix, ou pourquoi en France, ce n’est pas plus dur qu’ailleurs, la crédibilité est tout autre. Et quand c’est un, puis deux, puis trois qui le dit, cela forge la conviction ». (cf. lire à ce sujet : La bataille au long cours de l'attractivité territoriale).

 

Accueillir en VIP 

Pour faire de l’une des plus « prometteuses » métropoles, selon certains classements, une terre d’Eden pour les investissements, il faut dérouler les tapis rouges et « accueillir en VIP les décideurs à l’occasion de grands événements, de temps forts pour capter de l’intérêt », soutient encore Jean-Luc Chauvin. A l’instar des Rencontres économiques d’Aix-en-Provence, manifestation qui s’est imposée en quelques années comme le grand rendez-vous estival du gotha économique et politique avec ses habitués (Pascal Lamy, Pierre Moscovici, Jacques Attali, Hubert Védrine, Jean-Claude Trichet, Georges Plassat…), ses patrons médiatiques, ses CEO des entreprises mondiales, des décideurs politiques d’ici et d’ailleurs, encore aux affaires ou pas…

« Les grands événements sont autant d’opportunités de donner une lisibilité à l’économie de ce territoire et à son positionnement géostratégique. La CCI a reçu coup sur coup le président de la chambre consulaire de Los Angeles et la présidente de la CCI franco-australe. Que pointent-ils ? Pas notre qualité de vie, mais la R&D, la diversité de nos filières et notre position qui offre un accès à l'Afrique et au Moyen-Orient mais dans un environnement sécurisé ».

 

Soigner les maisons-mères

« Nous avons démarré une opération auprès des maisons-mères, ajoute Philippe Stefanini qui y voit un moyen d’assurer un ancrage durable et/ou d’éradiquer les fuites et déperditions. Selon les dernières études, la perplexité de ces dernières à l'égard du territoire national n'aurait cessé de croître ces dernières années « On doit solidifier nos implantations à travers une relation plus quotidienne, plus régulière avec elles ». Localement est évoqué le départ de Mattel, dont les entrepôts sont installés depuis 2012 dans la zone de stockage et de distribution de marchandises Distriport à l’ouest de la Métropole.

« Nous avons débuté en recevant le numéro 2 de Katoen Natie qui investit ici par tranche de 100 M€, depuis plus de 10 ans à Marseille ». Saint-Martin-de-Crau est pour le logisticien belge (près du milliard d’euros de chiffre d’affaires) le troisième plus gros pôle logistique du groupe en Europe après Anvers et Milan.

 

Adapter l’offre du territoire à la demande

« La perception des investisseurs est capitale sur ces sujets. Aujourd’hui, on reflète une image d’entité. Et la porte d’entrée est Provence Promotion. Au-delà, le rôle des collectivités figurant au board est d’être un facilitateur et un aiguillon dans les méandres administratives. L’adage est simple : adapter l’offre du territoire à la demande, et être en réactivité permanente par rapport à la demande », signifie Béatrice Alpihat.

La nouvelle vice-présidente flèche ses deux collègues représentants aussi la Métropole dans la structure comme deux atouts : Didier Parakian, patron fondateur de la griffe éponyme et en charge de l’économie à la Ville et à la Métropole, jamais économe pour porter la bonne parole à l’extérieur, et Jean-Pierre Serrus, l’homme de l’agenda de la mobilité, sur lequel pèsent tous les espoirs pour sortir le territoire de la clochardisation en matière de transports.

 

Adeline Descamps

 

 

Ces entreprises étrangères qui ...

 

... ont créé le plus d'emplois sur le territoire en 2016

BLOHM&VOSS

UNDERWRITERS LABORATORIES

HPS

TIGER 2

XRAPID

 

... ont choisi le site Provence pour installer des activités R & D

POLYSHAPE

WATCHEVER

UNDERWRITERS LABORATORIES

HPS

KAMP'N

EURANOVA

XRAPID

PANAXIUM

MULTIWAVE

ABREOS

PHARMAPLANTS

 

... ont choisi le site Provence pour l’installation de quartiers généraux monde et Europe

KAMP'N

PHARMAPLANTS

SMART TALE GAMES

NEXT SLIDE

 

... ont choisi le site Provence pour reprendre un site

ANDLINGER & COMPANY reprise par CPI COATING PLASMA INDUSTRIE MAUFREY par PATRICK SCHMITT

EXPIRIS par STTS / GACHE CHIMIE

REALEASE CAPITAL       

SPORT DECOUVERTE.COM        

RENTALOC par ETIC

SED LOGISTIQUE par MTS TIMAR

KTO LOGISTIQUE SUD

 

 

 

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