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01.08.2017 - Epreuves de voile

JO 2024 : Marseille dans 7 ans …

Los Angeles, enfin décidée pour choisir les JO de 2028. Paris, quasiment assurée de ce fait d'avoir les JO de 2024. Marseille, étant liée au sort de Paris, c’est quasiment joué ... Pour quelle implication ?

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« Los Angeles a pris une décision. Merci. C’est intelligent. Mais le CIO (le Comité international olympique) décidera le 13 septembre », réagissait Didier Réault, adjoint à la ville de Marseille en charge de la Mer, du Littoral, du Nautisme et des Plages auprès de La Provence.

Superstition, précaution oratoire ou prudence lexicale… Los Angeles doit encore en effet actualiser son dossier et l’assortir de garanties financières pour coller à sa nouvelle candidature avant le 13 septembre.

C’est en effet le 13 septembre prochain que la 130e session du CIO à Lima au Pérou doit officiellement prononcer le nom de la ville hôte des Jeux Olympiques de 2024 et … de 2028 conformément à l’accord (inhabituel) tripartite de la double attribution décidé en juillet.

Toutefois, Los Angeles, enfin décidée pour choisir les JO de 2028*. Paris, quasiment assurée de ce fait d'avoir les JO de 2024. Marseille, étant liée au sort de Paris, c’est quasiment joué pour l'équipe de campagne du comité de candidature Paris-2024, qui bat la campagne depuis trois ans, emmenée par Tony Estanguet, triple champion olympique de canoë et futur président du comité d'organisation des Jeux.

Marseille devrait donc accueillir dans 7 ans les 10 épreuves de voile et quelques matches de football au Vélodrome (l'Allianz Riviera de Nice également). Pour rappel, la ville avait été retenue il y a désormais deux ans par le CNOSF (Comité national olympique et sportif français) aux termes d’un processus d’évaluation des sites de six mois. La « capitale » méditerranéenne était alors en lice avec une proche, Hyères, trois villes en Atlantique (Brest, Morbihan ou La Rochelle) et une sur la Manche (Le Havre).

 

Marina olympique

C’est vers le « stade nautique » du Roucas-blanc – future « marina olympique » - que vont se diriger désormais toutes les attentions. Le site, aménagé dans sa configuration actuelle depuis 1996, possède d’importantes cales de mise à l’eau et devrait être encore agrandi pour accueillir de 500 à 600 bateaux.

L’hypothèque sur la faisabilité de ces constructions, en raison de son classement en « zone à fort risque d’inondation ou d’expansion de crue » par la Direction des territoires et de la mer (DDTM), a été levée suite à une copie revue et corrigée.

L’accueil des JO nécessitera en outre la construction d’un village olympique au parc Chanot, ainsi que d’une tribune « spectacles » de 5 000 personnes en surplomb de la corniche Kennedy pour se conformer aux critères du CIO qui souhaite que les épreuves de voile soient « spectaculaires » dans le sens où ils contribuent à populariser la discipline (les promontoires naturels du littoral garantissent pour le coup le « spectacle »).

Les investissement pris en charge par l’État et la Ville, estimés à quelque 25 M€, concernent principalement les infrastructures d’accueil (transports, stationnement…). Sachant que 2 000 à 3 000 sportifs, compétiteurs et journalistes sont attendus dans la capitale phocéenne.

Ce que défendait Marseille, candidate à l’organisation des épreuves de voile et des jeux paralympiques qui suivront ?

C’est son site Internet qui le dit : la candidature bénéficie sur ce dossier du « soutien des 51 clubs nautiques du département des Bouches-du-Rhône affiliés à la Fédération française de voile, et des 13 000 licenciés en voile du département ». 

La ville fait également valoir son expérience en matière d’événements sportifs dans la discipline : des régates locales au Tour de France à la Voile (qu’elle vient d’accueillir) jusqu’aux grandes compétitions internationales, tels The Race (2001), les Jeux mondiaux de la Voile (2002), l'Act 1 de l'America's Cup (2004), l'Audi Med Cup sur TP 52 de 2008 à 2011 ou encore le Marseille One Design (2014 et 2015).

Il faudrait ajouter ce que les « voileux » disent : la qualité des vents, divers et variés (« configuration de la côte parfaitement orientée par rapport aux vents dominants »), son plan d’eau qui assure « toutes les conditions d'un spectacle sportif de grande qualité, tout en garantissant des conditions tactiques et stratégiques intéressantes pour les compétiteurs ».

Enfin, et non des moindres, 75 sportifs de l'Équipe de France sont rattachés à ce site. Et certains d’entre eux ont d’ailleurs rapporté quelques médailles de Rio lors des précédents JO.

 

Fin d'une longue aventure et début d'une autre ...

Pour rappel, cinq villes se portaient initialement candidates à l’organisation des Jeux en 2024 : Hambourg, Rome, Budapest, Boston et Paris. Boston a renoncé la première, faute d’adhésion de sa population, et a été relayée par la Cité des Anges, déjà ville-hôte en 1932 et 1984 (les seuls Jeux qui aient été rentables d’ailleurs).

Hambourg s’est également retirée en 2015 à la suite d’un référendum, puis Rome et Budapest en 2016 en raison d’une contestation populaire. Paris, douze ans après son échec face à Singapour pour les Jeux de Londres, est donc cette fois à peu près assurée de pouvoir accueillir les épreuves, et ce pour la 3e fois, après 1924 et 1928.

 

Adeline Descamps

 

* Los Angeles a obtenu la garantie de recevoir une contribution de 1,8 Md$ (1,5 Md€) du CIO soit 300 M€ de plus que ce que percevra Paris pour organiser les Jeux.

Photo : Roucas Blanc à Marseille ©Association Ambition Olympique et Paralympique

 

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