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14.06.2017 - Conjoncture

Attentes, confiance et espoirs des chefs d'entreprise métropolitains ?

Comment les chefs d'entreprise du territoire ont-ils vécu/subi/enduré ce début d'année qui s'est profilé en mode tuilage « électoral » ? Quelle est la perception de leur activité ce second trimestre ? La CCI Marseille Provence et l'UPE 13 les ont sondés dans le cadre du tableau de bord trimestriel.

 

Et ce début d’année en tuilage « électoral » ? Alors qu’un nouvel environnement est en train de s’installer dans nos vies de citoyens, sur fond de grand chamboulement de la syntaxe et grammaire politiques et dans un profond renouvellement du « personnel » encore crédité de fraîcheur, comment les chefs d’entreprise ont-ils vécu/subi/enduré cette amorce ? Ont-ils fini de mâcher la poussière qui s'est amassée au fil des trimestres s'enfilant sans véritable décollage ?

À fin mars, les 540 entreprises interrogées sur leur perception quant à leur activité durant ce premier trimestre pour les besoins du tableau de bord de la compétitivité métropolitaine, exercice conjoint de la CCI Marseille Provence et de l’UPE13 initié alors que la Métropole n’était pas encore sur les fonts baptismaux pour agréger à cette échelle un ensemble de données sur la conjoncture des secteurs d’activité, semblaient porter par un « un vent d’optimisme ». C'est du moins ce que titre la publication (à télécharger ici).

« La perception s’améliore notablement (26 % des entreprises déclarent une hausse de leur activité contre 23 % une baisse, le solde étant stable), la création d’emplois dans le secteur privé se rapproche des niveaux d’avant crise et laisse espérer une amélioration sur le marché du travail. L’année 2017 pourrait donc être celle d’une croissance enfin retrouvée » … si l’espoir de renouveau ne finit pas en queue de comète. « La question étant de savoir si notre économie, nationale et locale, sait saisir cette opportunité pour amorcer sa nécessaire transformation », est-il indiqué.

Pour autant, les marges (en recul pour 21 % des répondants, en progression pour 10 %) et les niveaux de la trésorerie (16 % des entreprises la voient fléchir ; 10 % la voient s’améliorer) ne sont toujours pas à la fête.

 

Stabilité d'ancre au second trimestre

Quant au second trimestre, une stabilité d’ancre l’emporte dans les ressentis. L’emploi ? Stable pour 80 % (9 % en hausse, 5 % en baisse). Le chiffre d’affaires ? Stable pour 57 % (28 % en hausse, 11 % en baisse). La trésorerie ? Stable pour 55 % (6 % en baisse, 9 % en hausse). L’investissement ? Stable pour 64 % (7 % en hausse, 5 % en baisse). Le carnet de commandes ? Stable pour 50 % (19 % hausse et 7 % en baisse

Néanmoins le « feel good » prévaut néanmoins puisque sur tous ces points, la perception positive prend le pas. Notamment sur le chiffre d’affaires et sur l’emploi, indicateurs pour lesquels les entreprises sont deux à trois plus nombreuses à anticiper des améliorations.

Au niveau sectoriel, si les hôtels-cafés-restaurants représentent le seul secteur à connaître un solde d’activité négatif au 1er trimestre, leurs perspectives pour le second sont plus enthousiastes (anticipation des jours fériés du mois de mai).

 

À la confiance répond l'investissement

32 % des entreprises du panel envisagent d’investir en 2017, toutefois principalement pour le renouvellement ou la mise à niveau des équipements (75 %) et pour le développement commercial. Pour celles qui n’envisagent pas d’investir en 2017, 45 % pensent avoir déjà suffisamment investi, 34 % indiquent un manque de visibilité et 11 % mettent en avant des difficultés de financement. Les mesures actuelles destinées à stimuler l’investissement des entreprises (suramortissement, nouveaux produits d’épargne...) sont plébiscitées : 89 % des répondants souhaitent qu'elles soient maintenues par le prochain gouvernement.

L'Insee qui a révisé le 30 mai à la hausse la croissance pour le premier trimestre, relevant son chiffre de 0,1 point à + 0,4 % du PIB, le justifie notamment par le sursaut de l'investissement des entreprises (+1,9 %), précisément favorisé par l'arrivée à échéance en avril du dispositif de suramortissement fiscal des investissements productifs, qui a poussé les entreprises à en profiter massivement avant son expiration.

 

L'image du territoire en check-point

Dans une compétition de plus en plus intense entre territoires, l’image qu’il reflète reste un check-point. En l’occurrence, pour ce trimestre, elle est positive pour 57 % des entreprises, un niveau toutefois inférieur à celui, record, observé en fin d’année 2016 (71 %), notent les auteurs de l'étude.

Le même pourcentage (les mêmes ?) estime que la construction métropolitaine est importante ou très importante pour leur activité, a fortiori pour les acteurs économiques du commerce et du tourisme, pour lesquels le rayonnement du territoire est en effet l’outil principal. 81 % pensent que l’organisation en Métropole est importante ou très importante pour le développement économique du territoire.

 

En France ?

Les moteurs de la croissance restent grippés. Et l'alignement des planètes que l'on disait favorable depuis 2015 - euro, pétrole, taux d'intérêt – n’y a pas fait grand-chose comme le soutenaient les scénarii budgétaires. Le curseur de la croissance reste bloqué.

La banque centrale française prévoit 1,3 % de croissance en 2017 après 1,1 % l’an dernier (à noter, le seuil cité par les économistes pour faire baisser le chômage est évalué à 1,5 %). Pour le deuxième trimestre, l'Insee comme la Banque de France anticipent de nouveau une croissance de 0,5 %. Sur l'ensemble de l'année, l'Insee attend aussi une croissance de 1,3 %, tandis que la Commission européenne, le FMI et l'OCDE tablent sur 1,4 %.

 

Adeline Descamps

 

     

       Emploi : 69 000 projets de recrutement recensés sur le territoire métropolitain

 

La CCI Marseille Provence s’est basée sur l’analyse départementale sur les besoins en main d'œuvre dans les établissements français réalisée par Pole Emploi (Unedic) et le Centre de recherche pour l'étude et l'observation des conditions de vie (Credoc) pour réaliser un zoom métropolitain.

Pour 2017, 69 000 projets de recrutement sont recensés sur le territoire métropolitain (hors Pertuis et St Zacharie), soit +19 % par rapport à 2016, contre + 8 % au niveau de la France métropolitaine. Une croissance très largement supérieure à la moyenne des autres métropoles : de + 4 à +5 % pour Toulouse, Bordeaux ou Lyon, + 9 % pour Strasbourg et + 13 % pour Lille. En volume, Aix-Marseille-Provence occupe le second rang derrière Paris et devant Lyon (en lien logique avec la taille de son bassin d’emploi).

Les projets de recrutement portent sur des profils dans les services (agents d'entretien, aides à domicile/ménagères, agents de sécurité et de surveillance …); l’aide sociale et sanitaire (infirmiers, puéricultrices, aides-soignants, éducateurs spécialisés…) et le commerce, avec une forte progression des vendeurs généralistes. À l’inverse, les emplois de l'hôtellerie-restauration sont en recul après plusieurs années de forte croissance des projets de recrutement dans la restauration.

En 2017, 39 % des projets de recrutement sont jugés difficiles sur la métropole Aix-Marseille Provence (36 % en 2016), en particulier dans l’informatique, la maintenance, la mécanique et le travail des métaux. À l’inverse les recrutements sont moins complexes dans des domaines comme l’électricité/électronique, banque/assurances, industries des matériaux, industries créatives et agriculture/marine/pêche.

L'économie française a connu un dixième trimestre consécutif de création nette d'emplois salariés, avec 89 700 nouveaux postes au 1er trimestre selon des données publiées fin mai par l'Insee. Sur un an, l'emploi a augmenté de 284 100 postes (+1,2 %). Son plus haut niveau depuis 2010, année où l'indicateur a commencé à être mesuré. Cette évolution est en partie due au dynamisme des services. 

Quant à l'intérim, avec 687 600 salariés, il approche également son record. Les services et l'intérim font plus que compenser les nouvelles destructions de postes dans l'industrie (-5 200). Les usines ont perdu près d'un million de postes depuis début 2001.

La construction, qui a détruit près de 200 000 postes depuis fin 2008 et qui n'avait plus connu de trimestre positif depuis début 2012, a connu un rebond au premier trimestre (+9 300, +0,7 %).

A.D

 

NB : Pour la région PACA, 141 681 établissements ont été interrogés en 2017, 35 063 établissements ont répondu au questionnaire. Il s’agit d’une enquête déclarative sur des intentions de recrutement, et non pas une mesure des recrutements effectifs ou d’ouvertures de postes.

 

 

 

 

 

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