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13.06.2017 - Aéronautique

Le Bourget : Qui sont ces entreprises régionales qui partent en escadrille ?

Simulateurs, capteurs, drones, systèmes embarqués, nouveaux procédés de fabrication, impression 3D... elles sont le reflet des sujets qui animent l'ecosystème et des technologies émergentes. Zoom sur quelques-unes d’entre elles ...

 

 

Cette année encore, le milieu aéronautique sera au rendez-vous, à en juger par le décompte opéré par les organisateurs, qui tablent sur près de 2 400 exposants (2 260 en 2015), dont la moitié d'internationaux, 140 aéronefs (hors drones), 27 pavillons nationaux, et au moins 150 000 visiteurs professionnels (cf. Tout ce qu'il faut savoir avant de se rendre au Bourget)

À consulter le plan interactif du salon, la région a pris de l’altitude, accaparant plusieurs cellules (B52-54-78) dans le hall 4 sur un stand de 450 m2 sous pavillon de Provence-Alpes-Côte d’Azur. « Un vol en escadrille », qualifie l’agence de développement économique Provence Promotion pour désigner la délégation d’entreprises qui présenteront leur offre technologique ou industrielle aux côtés de 13 partenaires institutionnels, dont le pôle de compétitivité Safe Cluster porteur pour la Région de l’organisation, la CCI du Var, et les agences de développement économiques Provence Promotion, Team Côte d’Azur, Vaucluse Provence Attractivité et Hautes-Alpes Développement.

Parmi les entreprises exposant sur le pavillon régional (pas toutes issues de la région dans la mesure où certaines sont adhérentes des pôles de compétitivité partenaires) et annoncées par l’organisateur du salon du Bourget, figurent des récidivistes et des « premières fois ».

Par exemple, les varoises Atem, spécialisée dans les systèmes de reconnaissance terrestres et aériens pour la défense l'aéronautique et le spatial, Aero Surveillance dans les systèmes à intelligence embarquée pour les drones à voilure tournante, Kontron Modular Computers dont les serveurs Wifi permettent aux passagers d'un avion d'être connectés au réseau sans fil local de l'appareil, IRTS (informatique embarquée pour la défense et l'aéronautique), la société de Pelissanne VSM (simulateurs et entraîneurs pour avions et hélicoptères civils et militaires), l’aixoise La mesure sur mesure (capteurs de mesure réduisant le temps d'installation des dispositifs d'essais de prototypes d'aéronefs civils et militaires), et Solution F à Venelles qui a relevé le défi du premier hélicoptère totalement électrique, étaient déjà au Bourget en 2015.

Simulateurs, capteurs, drones, systèmes embarqués, nouveaux procédés de fabrication, impression 3D... elles sont le reflet des sujets qui animent l'ecosystèmes et des technologies émergentes. Zoom sur quelques-unes d’entre elles ...

 

MC2 Technologies

Spin-off issue de l’Institut d’électronique, de microélectronique et de nanotechnologie, la PME nordiste (Villeneuve d'Ascq), spécialiste des composants hyperfréquences, qui s'était notamment distinguée en 2012 pour le développement, avec le soutien de la Direction générale de l'armement (DGA), d'une caméra mobile capable de détecter tout objet suspect sans émettre d’ondes (grâce à l'analyse des interférences créées avec les codes hyperfréquences du corps humain), a récemment présenté un brouilleur de drones.

Une fois touché par le faisceau du brouilleur, le drone « suspect » peut, selon ses configurations, s’écraser au sol, se poser ou revenir à sa base. Une technologie qui a été retenue mi-2016 par le Secrétariat général de la défense et de la sécurité nationale (SGDSN) dans le cadre de l'appel à projets Boréades qui vise à lutter contre les vols de drones illicites (cibles : sites sensibles et critiques, industries, aéroports, prisons, centrales nucléaires). Des développements sont en cours pour l’adapter aux nouvelles gammes de fréquence qui vont se développer dans le monde des drones, telles que la 3G et la 4G.

 

Zapata Industries

Le fabricant d’appareils à hydro-propulsion et d’hoverboards basé au Rove, repris par Implant Sciences Corp., une entreprise du Massachusetts qui compte parmi ses clients le département de la Sécurité intérieure (DHS) américain et des centaines d’aéroports, a notamment été repérée pour son Flyboard Air. Créée par le sportif Franky Zapata, ancien pilote professionnel de jet-ski, l'engin aux allures de skateboard doté de réacteurs permet tout simplement de voler. Il a néanmoins rencontré quelques déboires ces derniers mois eu égards aux réglementations de survol des territoires. Il attend de la Direction générale de l'aviation civile (DGAC) l’homologation, nécessaire à la reprise des essais sur sa machine.

 

Soditech

La société basée à Aix-en-Provence, avec un établissement à Cannes, conçoit des sous-ensembles structuraux et intègre les équipements optiques et thermiques sur les structures de satellites ou des équipements embarqués.

 

Poly-Shape

La société créée en 2007 par Stéphane Abed, un ancien chercheur du centre des matériaux de Mines ParisTech à Corbeil-Essonnes, où a incubé la société, peut fabriquer directement à partir d’une modélisation en 3D des pièces métalliques de toutes formes, sans fraisage et usinage, grâce à sa technologie de « fabrication addictive » par fusion laser.

À la différence de l’usinage (qui soustrait la matière), la fabrication additive est en train de révolutionner la conception, le design et la fabrication des pièces métalliques, dans le sens où elle autorise une plus grande iberté dans les formes, que ce soit pour gagner en poids, facteur déterminant dans l'aéronautique ou le spatial, ou pour produire des formes complexes afin de valider de nouveaux concepts, ou encore pour des pièces d’une extrême précision, comme dans le médical (cf. Poly-Shape : La révolution dans la fabrication des pièces métalliques)

La société de Salon-de-Provence travaille déjà pour tous ces secteurs. Celle qui a notamment démarré son activité en bénéficiant d’un soutien fort de Safran mais aussi d'Airbus et de Dassault, a notamment créé dernièrement un joint-venture avec l’aquitain Lisi Aerospace Additive Manufacturing pour concevoir en impression 3D des pièces mécaniques pour l'aéronautique et le spatial.

 

JCPX Development

La start-up d’origine girondine, créée en 2015, a développé un système (UWAS) qui empêche les survols de lieux sensibles ou d’événements par des drones non autorisés, avec DSNA Services, bureau de consulting en aviation civile fondé par la Direction générale de l’aviation civile (DGAC), l’École nationale de l’aviation civile (Enac) pour la R&D et les tests, Aveillan (du groupe Altran) à Cambridge pour les radars de détection et l’ingénierie, et Skysoft à Genève pour l’enregistrement, la restitution et la fusion de données.

Le dispositif peut détecter un drone très silencieux de moins de 25 kg à plus de 5 km de distance et jusqu’à 1 000 m d’altitude, particulièrement donc adapté à la surveillance des sites sensibles et aéroports.

Compte tenu de leur petite taille, de leur structure composite légère, de leur vélocité faible à nulle, de leur capacité de vol stationnaire, de leur comportement imprévisible et du fait qu’ils soient ou non pilotés, les drones constituent un casse-tête pour la sécurité. JCPX Développement a également été retenu dans le cadre de l'appel à projets Boréades du Secrétariat général de la défense et de la sécurité nationale.

 

Kontron Modular Computers

La filiale française basée à Toulon de l’Allemand Kontron, spécialisée dans les cartes et l’électronique embarquée pour l’industriel, les télécoms, l’avionique, le transport et la défense, serait l'une des dernières entreprises françaises à concevoir calculateurs embarqués pour l’aéronautique. C'est elle qui a notamment fourni les cartes électroniques du radar du Rafale, les calculateurs de la frégate Fremm ou de  l’hélicoptère Apache…. Elle est une habituée du Bourget auquel elle participe depuis quelques éditions.

Kontron est issue d’une activité de Thales Computers, acquise ensuite par l’Allemand, en cours de fusion avec S&T Deutschland, une filiale à 100 % du groupe autrichien S&T, spécialisé dans les systèmes de technologie de l’information

 

H-PREC

L’entreprise de Carros (Alpes-Maritimes) fondée en 2015 par Cécile Crassous et son frère, un docteur en physique des matériaux, avec le soutien financier de Daniel Le Gal, le fondateur de Gemalto, et de BPI France, fabrique en petites et moyennes séries des pièces composites selon deux procédés exclusifs qu'elle a brevetés et avec lesquels elle cible l’aéronautique et l’automobile.

Les deux permettent de rendre compétitif le composite industriel, dont on connaît les atouts (gain de poids, résistance, corrosion), avec les matériaux traditionnels. Par ailleurs pour les pièces de parement (carter de siège, tableau de bord…), le procédé de composite embouti économise notamment les opérations de post traitement, fait valoir l'entreprise. Une innovation qui a valu à la société azuréenne un JEC Award à l'occasion du grand rendez-vous mondial de la profession, le JEC. Le procédé de composite massif usiné permet, lui, de remplacer des pièces métalliques usinées ou de fonderie par des pièces en carbone.

 

ONE-TOO

Créée en 1971 sous le nom de SEEM, devenue ONE-TOO en 2001, la société de Carros (Alpes-Maritimes) a été créée sur une Innovation dans les bancs de contrôle et de réglage de la carburation. Depuis One-Too, elle s'est structurée autour des outils de contrôle et de mesure.

La PME s’est notamment distinguée pour différentes innovations, telle une « oreille bionique » développée en partenariat avec Peugeot Citroën, qui permet d'analyser les bruits non identifiés sur un véhicule, ou encore une clef dynamométrique intelligente permettant d'assurer la traçabilité des opérations de serrage. Fournisseur de premier rang des principaux constructeurs automobiles français et étrangers, l’entreprise a entrepris de diversifier ses activités il y a quelques années, notamment dans l’aéronautique

 

Nexess

Positionnée sur le marché des objets connectés industriels, l’entreprise de Mougins (Alpes-Maritimes), née d'un essaimage d'EDF en 2008, a développé une gamme de solutions qui permet de tracer et de sécuriser l’inventaire des matériels comme l’outillage ou les pièces de rechange, et adresse les marchés de l’énergie, du nucléaire et de l’aéronautique.

Elle a fait partie des cinq PME retenues par le Centre national RFID basé au Rousset pour contribuer à la standardisation des technologies RFID pour la filière aéronautique. Depuis 2012, la société fondée par Frédéric Galtier accélère sa diversification dans l’aéronautique

 

Airstar Aerospace

Fondé en 1994, le groupe Airstar, constructeurs de ballons captifs et dirigeables destinés à des applications civiles et militaires (observation, climatologie, relais télécommunication, débardage de bois, surveillance des frontières, ou encore sécurité militaire), a créé en 2015 Airstar Aerospace pour intégrer la branche Espace du groupe Zodiac Marine, reprise à la barre du Tribunal de commerce après le dépôt de bilan de Zodiac Marine, « renforçant ainsi son expertise dans le domaine de l’aéronautique, des ballons stratosphériques et des solutions textiles et films », soulignait le communiqué de presse.

La société travaille pour les grands acteurs de la filière aérospatiale, Thales, Airbus Defence & Space ou encore le CNES. Le groupe est par ailleurs partie prenante des trois programmes sélectionnés dans le cadre du plan transport de demain de la « Nouvelle France industrielle » : Stratobus, Dirigeable Charge Lourde 60T et Aerolifter, programmes d'engins stratosphériques permettant l’emport d’instruments sensibles et innovants et très lourdes charges.

Il exposera pour la première fois au Salon du Bourget, où il indique qu'il déploiera quotidiennement en statique son ballon captif Eagle Owl dédié au marché ISR (Intelligence, Surveillance and Reconnaissance) et équipé d’optiques permettant une surveillance de jour et de nuit (ce qui est rarement montré au public en raison de sa confidentialité militaire). Il devrait officialiser « la signature d’un partenariat majeur avec Thales Alenia Space », annonce-t-il.
 

A.D

 

 

 

 

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